En-tête de Saint Pé Chante

Avant Saint-Pé Chante

Aujourd’hui, on peut affirmer que Saint-Pé-de-Bigorre a toujours été un berceau musical. Si l’on remonte à la naissance du village, il y a plus de 1 000 ans, on peut facilement imaginer que les moines, premiers occupants de l’abbaye de Saint-Pé, faisaient déjà résonner le cloître, la chapelle et le collège de leurs voix monastiques.

Sans se tromper, on peut aussi imaginer que les messes célébrées dans l’abbatiale Saint-Pierre étaient animées par les chorales paroissiales. Et, si nous évoquons ces chorales, c’est bien là que se situe officiellement la naissance de « Saint-Pé Chante ». En effet, c’est dans les années 1960 qu’un groupe de chanteurs décide de se retrouver, en dehors des traditionnelles messes, pour chanter « autre chose ». N’oublions pas que ces années-là voient l’explosion de la variété française et de la fameuse mode yéyé.

Mais il n’y avait pas que les moines et la religion qui animaient Saint-Pé musicalement. Il est impossible de ne pas évoquer certains groupes et certaines personnalités qui ont écrit de belles pages musicales dans notre village.

En 1931, ce groupe d’hommes pose fièrement en tenue devant la mairie. Est-ce la première chorale officielle de Saint-Pé ? Les historiens locaux pourront apporter une réponse à cette question. Toutefois, aujourd’hui, grâce à la mémoire des anciens, bien relayée par notre passionné de Saint-Pé — et de Saint-Pé Chante aussi ! — Michel Pujo-Sioulot, nous connaissons l’identité de chaque chanteur présent sur cette photo.

Dans certaines familles musiciennes du village, on a bien entendu dire un grand-père : « Moi, j’étais premier clairon à la fanfare de Saint-Pé ! » La preuve en est qu’une fanfare a bel et bien existé à Saint-Pé.

Plus près de nous, évoquons quelques contemporains : comment parler de musique à Saint-Pé sans évoquer Victor Sans, alias « Totor », et son accordéon ? Combien de fêtes, de bals ou de sérénades a-t-il pu animer ? Et surtout, combien de vocations musicales a-t-il suscitées ? Si la musique est encore présente de nos jours à Saint-Pé, on le doit bien à cet homme qui sut, par un talent inné, maintenir cet art dans notre commune.

Ses disciples furent nombreux et, à la base de Saint-Pé Chante, il y avait les frères Demasles — Noël, Jules et Jean-Claude —, Jules Buisine et André Vignes. Tiens ! Ils étaient cinq, comme les « 5 Jules », vrais ou faux frères jumeaux des grands « Frères Jacques ». Eux, la variété française de l’époque, ils en faisaient leur affaire et transportaient leur talent dans toute la région. Ils étaient connus et reconnus ! On a même retrouvé quelques lettres de fans.

L’art du chant était associé à un important jeu scénique, avec des costumes réalisés par eux-mêmes. Heureusement, la technique a pu, en 1974, nous laisser une trace sonore de ce groupe : un enregistrement effectué lors d’un retour sur scène, à Saint-Antoine, à Tarbes, lors d’une fête de quartier. Mais ce n’était pas tout ! Quelques jeunes rôdaient autour de cette joyeuse équipe : Gérard Lascourreges, Raymond Mir, Jean-Louis Aurade et Bernard Berot. Les « Popés » étaient nés ! Eux aussi ont parcouru le Grand Sud-Ouest. Avec des titres rock, ils ont animé des fêtes et même participé à des concours régionaux.

Cette histoire musicale très riche annonçait la naissance, en 1965, du groupe vocal « Saint-Pé Chante ».